Achille-M. Desbuquoit - père Barnabite - 1874 - 1961
Éminent radiesthésiste et précurseur de la Géobiologie

 

Nature de la force qui agit sur le sourcier.

 

Disons sans ambages que la nature de cette force nous est totalement inconnue, comme est inconnue d'ailleurs la nature de l'électricité, celle de la lumière et même celle de la matière, dans leur constitution intime.

Les phénomènes radiesthésiques appartiennent à deux domaines différents: les uns sont de nature physique, les autres de nature psychique. Sont de nature physique ceux qui s'exercent sur le corps du sourcier sans l'intervention de sa volonté spécifiant l'objet à trouver: telle est l'action d'un courant souterrain ou d'une cavité, de tout objet qui donne au sous-sol, à partir d'un endroit bien déterminé, un potentiel nouveau, je veux dire différent de celui du terrain voisin. Ainsi il suffit au sourcier, à n'importe quel sourcier, nullement prévenu, de tenir son instrument en position de recherche pour qu'en passant à ces endroits- toujours les mêmes - cet instrument se meuve de façon souvent irrésistible.

Il y a donc là un phénomène physique, affectant tous ceux qui passent au même endroit et que le sourcier peut sentir grâce à son instrument, mais que ressentent aussi parfois d'autres personnes, comme on peut le voir à la page 34. Si nous qualifions de psychiques les autres phénomènes, ce n'est certes pas que les choses cherchées soient de nature psychique: non; il s'agit par exemple de chercher la profondeur d'un courant souterrain, d'en déterminer le débit approximatif ou la qualité, ou bien encore il s'agit de prospecter sur plan.

Si l'on songe que, pour arriver à certains de ces résultats, le sourcier se contente souvent de balancer son pendule ou de frapper légèrement du pied le sol en désirant que l'instrument se mette en mouvement dès que le nombre de coups ou de balancements sera égal au nombre de mètres de profondeur, ou à celui des litres de débit par seconde ou par minute, on comprend que ce n'est plus un simple rayonnement qui est en cause. Pareil résultat ne peut être obtenu qu'avec le concours du principe intelligent qui est en nous, l'âme, en ses éléments les plus mystérieux, qu'on appelle psychiques et métapsychiques, et qui sont les frères de l'instinct et de l'intelligence.

Les irruptions du subconscient, les faits de l'hypnotisme et de la télépathie, toutes les formes de la métagnomie (1), sont-elles autre chose que des manifestations intermittentes de facultés mal connues ou encore trop peu développées de notre âme ? Elles prouvent tout au moins que les relations de l'âme avec le monde extérieur ne se bornent pas à celles dont nous avons la claire conscience

On remarquera que, dans tous ces cas de connaissance dite « paranormale », ce ne peut être le « procédé d'introduction » - par exemple, les passes de l'hypnotisme - qui renseigne l'esprit et lui communique des connaissances nouvelles. Le rôle de ce procédé est de fournir au sens interne le moyen ou l'occasion de se rendre compte des réalités qui se dissimulent dans le subconscient et de les manifester au-dehors. Il nous semble que l’instrument du sourcier a un rôle tout semblable, auquel s'ajoute celui d'amplifier les ébauches de signes que lui transmet le principe spirituel qui est en nous et qui manque d'un organe spécial pour ce genre de langage.

Tout cela, dira-t-on, n'est pas bien clair. D'accord ; mais les choses de l'instinct et du subconscient, qui sont pourtant des réalités incontestables, sont-elles plus claires ? Bref, tout semble se passer comme s'il y avait, dans notre âme, outre l'instinct et l'intelligence, tout un domaine de connaissances latentes, qui pour affleurer à la conscience et se manifester, ont besoin de certains moyens que l'expérience nous révèle petit il petit. La baguette et le pendule compteraient parmi les plus simples de ces moyens.......

Cet opuscule ne s'adresse pas aux savants, mais au public, qui doit être renseigné, mis en garde. En l'écrivant, il nous est arrivé de songer au grand Pasteur : pendant que les savants de l'époque et ceux qui se croyaient bien renseignés n'avaient que dédain pour le « pauvre chimiatre », contestaient ses découvertes et prétendaient en avoir prouvé l'inanité. Il les utilisait, lui, pour le bien de ses semblables, laissant au temps et à la science vraie le soin de lui donner raison et de confondre ses adversaires et contradicteurs. À son exemple, nous comptons sur l'avenir, mais sans négliger le présent.

Puissent ces pages, qui ne sont peut-être pas totalement exemptes d'erreurs d'interprétation, rendre quelques services à MM. les architectes, mettre en garde ceux qui veulent bâtir et même ceux qui songent à louer une maison ou une ferme, suggérer même quelques idées aux médecins et aux vétérinaires dont la science est parfois mise il une rude épreuve par l'ennemi invisible que nous signalons et dont beaucoup d'entre eux semblent encore ignorer l'existence,

Autant que possible, nous nous abstenons d'exposer les théories, nous bornant à raconter des faits, car comme le dit un écrivain, « il n’y a rien de plus têtu qu'un fait ». Les explications préalables de la première partie n'ont pour but que de faire mieux comprendre les faits dont ce livre est un modeste recueil.

 

Rev. Père Achille DESBUQUOIT (Les Veines qui Tuent)

.(1) On appelle "métagnomie" une connaissance extra normale de certains faits éloignés dans l'espace ou dans le temps.