On s'étonne de trouver à notre époque tant de sociétés dites secrètes, revendiquant un fabuleux passé, continuant à être en vogue auprès de jeunes gens travaillant le plus souvent dans des technologies dont les bases scientifiques dépendent des découvertes récentes les plus révolutionnaires.

Il semble qu'il y ait là un décalage dans notre mode de réflexion ; on ne peut cependant que constater que les sociétés secrètes restent fort prospères, qu'elles recrutent un grand nombre d'adhérents, que leurs initiations se déroulent sensiblement de la même manière.

Les recherches scientifiques et leurs applications apportent des bienfaits matériels mais guère de satisfactions spirituelles. L'homme s'interroge sur le sens de sa destinée, sur son devenir. Il a alors recours soit aux religions, soit aux sociétés initiatiques qui lui apportent un réconfort moral. La plupart de celles-ci puisent leurs expériences dans un passé mythique, considéré comme le centre primordial et traditionnel que nous avons perdu et dont on recherche la pensée originelle.

Pour participer à cette quête il faut s'intégrer dans un travail collectif. Reflétant les mêmes aspirations, le même souci de recherches spirituelles, il faut montrer sa bonne foi, sa volonté de servir la même cause, de combattre pour le même idéal. Plus le groupe est fermé, plus on éprouve de difficultés pour y pénétrer.

Au cours de cette étude, nous verrons qu'il faut, dans la majorité des cas, être présenté par un ou plusieurs membres, être coopté, mais tout le groupe doit se prononcer sur cette admission. Les rites particuliers à chaque société unissent fraternellement tous les membres qui deviennent solidaires.

Il se peut que certains, oubliant les buts poursuivis par le groupe, cherchent leurs propres satisfactions, des honneurs, des avantages matériels. Entrés surtout par curiosité ils ne tardent pas à s'éloigner.

Pour être accepté dans une société secrète politique, l'enjeu souvent dangereux nécessite un recrutement encore plus sévère basé sur les conditions physiques et morales de l'individu.

 

Attrait des honneurs

Bibliographie : Jean-Pierre Bayard